Jésus, christianisme & islam
Jésus dans l’islam : prophète, Messie et parole de Dieu
Qui est Jésus dans l’islam ? Découvrez pourquoi les musulmans l’honorent comme Messie, prophète et parole de Dieu sans le considérer divin.

Réponse directe : les musulmans croient en Jésus, appelé
ʿIsadans le Coran. Ils le reconnaissent comme Messie, prophète majeur, envoyé de Dieu, né miraculeusement de la vierge Marie, auteur de miracles par la permission divine et destiné à jouer un rôle à la fin des temps. Ils ne le considèrent cependant ni comme Dieu ni comme le fils divin de Dieu au sens chrétien.
Pour beaucoup de chrétiens, découvrir la place de Jésus dans l’islam est une surprise. Le Coran ne le présente pas comme un imposteur ou une figure secondaire. Il lui attribue des titres et des événements exceptionnels. Le désaccord porte moins sur son importance que sur son identité ultime et la signification de sa mission.
1. Les musulmans doivent-ils croire en Jésus ?
Oui. La foi islamique inclut la croyance aux prophètes envoyés par Dieu. Le Coran demande de ne pas établir une distinction de rejet entre les messagers, même s’il reconnaît qu’ils ont reçu des missions et des rangs différents (Coran 2:136 ; 2:253).
Rejeter Jésus comme prophète serait donc incompatible avec l’islam. Un musulman croit notamment :
- que Jésus a réellement existé ;
- qu’il a été choisi et soutenu par Dieu ;
- qu’il a transmis une révélation appelée l’Injil, l’Évangile ;
- qu’il a accompli des signes ;
- que sa mère Marie a été spécialement élue ;
- que ses véritables disciples ont répondu à son appel à Dieu.
Cette conviction crée un terrain de dialogue réel avec les chrétiens, sans effacer les divergences.
2. Pourquoi Jésus est-il appelé le Messie ?
Le Coran appelle Jésus al-Masih, le Messie, notamment en 3:45 et 4:171. Le texte ne développe pas ce titre exactement comme la théologie chrétienne, où le Messie est lié à la filiation divine, à la mort rédemptrice et à la résurrection.
Dans une lecture islamique, le titre indique une élection particulière et une mission unique. Les exégètes ont proposé différentes explications étymologiques et théologiques, mais le point central est que l’islam ne nie pas le titre biblique : il en refuse certaines conclusions doctrinales.
Un article crédible ne doit donc pas traduire « Messie » par « simple prophète ». Jésus est prophète, mais sa naissance, ses miracles, ses titres et son avenir eschatologique lui donnent une place singulière.
3. Que signifie « parole de Dieu » dans le Coran ?
Coran 4:171 décrit Jésus comme le Messie, messager de Dieu, « Sa parole » déposée en Marie et un esprit venant de Lui. Les chrétiens peuvent y voir une proximité avec le Logos du prologue de Jean. La lecture islamique distingue toutefois les deux concepts.
Dans le Coran, Jésus est « parole » parce qu’il est créé par le commandement divin — souvent résumé par « Sois » — sans père humain. Coran 3:59 compare sa création à celle d’Adam : Dieu le crée puis lui dit d’être. La parole est donc la cause ou l’annonce de son existence, pas une personne divine éternelle devenue chair.
L’expression « esprit venant de Lui » est comprise comme un honneur et une origine créée attribuée à Dieu, non comme une part de l’essence divine. Le Coran utilise ailleurs des expressions d’attribution honorifique, comme « la maison de Dieu », sans signifier que l’objet est une partie de Dieu.
Cette explication ne convaincra pas automatiquement un chrétien, mais elle montre que la doctrine musulmane possède une lecture cohérente de ses propres termes.
4. L’islam affirme-t-il la naissance virginale ?
Oui. Le Coran raconte que Marie reçoit l’annonce d’un fils alors qu’aucun homme ne l’a touchée (Coran 3:45-47 ; 19:16-22). La naissance de Jésus est un signe de la puissance créatrice de Dieu.
La naissance miraculeuse ne prouve toutefois pas, dans la logique coranique, une filiation divine. Adam n’a ni père ni mère, mais il n’est pas divin. L’argument islamique est donc : une origine miraculeuse indique un acte exceptionnel de Dieu, pas l’entrée de Dieu dans une relation biologique ou ontologique de paternité.
Le christianisme orthodoxe n’enseigne pas non plus une paternité biologique. Il parle d’une relation éternelle entre le Père et le Fils. Le désaccord doit donc être formulé correctement : l’islam rejette la filiation divine métaphysique autant que toute idée physique.
5. Quels miracles le Coran attribue-t-il à Jésus ?
Le Coran mentionne plusieurs signes :
- parler dès le berceau ;
- façonner une forme d’oiseau en argile qui devient vivante par la permission de Dieu ;
- guérir l’aveugle-né et le lépreux ;
- ressusciter les morts ;
- informer certaines personnes de ce qu’elles mangent ou conservent ;
- recevoir une table servie demandée par les disciples.
Le texte répète que ces actes se produisent par la permission de Dieu (Coran 3:49 ; 5:110). Cette précision soutient la distinction entre le prophète et la source divine de son pouvoir.
Dans la Bible, les chrétiens voient les miracles de Jésus comme signes du Royaume et, dans la lecture canonique, comme révélateurs de son identité. Les musulmans peuvent reconnaître les événements extraordinaires tout en les interprétant comme signes prophétiques, comparables en principe aux miracles de Moïse ou d’autres envoyés.
6. Jésus a-t-il prêché l’islam ?
Le mot « islam » signifie soumission à Dieu. Dans ce sens théologique, le Coran présente tous les prophètes comme appelant à adorer le Dieu unique et à lui obéir. Il ne prétend pas que Jésus pratiquait chaque détail de la loi transmise plus tard à Muhammad.
La thèse islamique est une continuité essentielle :
- un seul Dieu ;
- repentance ;
- prière ;
- justice ;
- miséricorde ;
- obéissance à la révélation ;
- refus des idoles.
Le Coran affirme que Jésus a confirmé la Torah et annoncé un messager après lui appelé Ahmad (Coran 61:6). L’identification de ce passage à Muhammad appartient à la foi islamique. Son rapport avec les textes bibliques existants fait l’objet d’un article distinct et ne doit pas être présenté comme unanimement reconnu par les exégètes chrétiens.
7. Pourquoi les musulmans ne prient-ils pas Jésus ?
Parce que, pour l’islam, l’adoration appartient exclusivement au Créateur. Jésus prie Dieu, reçoit sa mission de Dieu et accomplit des signes par Dieu. Le Coran met en scène une interrogation eschatologique où Jésus nie avoir demandé aux gens de le prendre, avec sa mère, comme divinité en dehors de Dieu (Coran 5:116-118).
Les chrétiens répondent que l’incarnation permet à Jésus d’être pleinement humain tout en étant pleinement divin : sa prière ne réfuterait donc pas sa divinité. Le débat ne se résout pas en citant un seul geste. Il dépend de la cohérence de la doctrine de l’incarnation et de la manière dont l’ensemble du Nouveau Testament est lu.
L’argument musulman met l’accent sur la simplicité : Jésus est un messager exceptionnel, mais l’objet de son adoration reste le seul Dieu.
8. Que croit l’islam sur la fin de la vie terrestre de Jésus ?
Coran 4:157-158 affirme que les adversaires de Jésus ne l’ont pas tué ni crucifié comme ils le prétendaient et que Dieu l’a élevé vers Lui. L’interprétation classique la plus répandue parle d’une substitution ou d’une apparence, mais le texte ne nomme pas explicitement un substitut. Des interprétations musulmanes modernes proposent d’autres lectures.
La majorité des historiens considère la crucifixion de Jésus comme un événement historique très probable. Cette tension doit être reconnue, non cachée. La foi islamique donne priorité au témoignage coranique, tandis que l’historien travaille avec les sources accessibles et les explications ordinaires.
Les traditions islamiques largement reçues affirment également le retour de Jésus avant la fin des temps. Les détails proviennent surtout des hadiths et doivent être présentés avec leurs références et leur niveau d’authenticité.
Questions fréquentes
La foi islamique demande de l’honorer et de croire en lui. L’affection personnelle varie évidemment selon les individus, mais le mépris de Jésus contredirait les sources fondamentales de l’islam.
